Notre rôle, en tant que facilitateurs, consiste à réunir les conditions pour que des groupes de travail puissent travailler efficacement et de façon autonome à la résolution de problématiques complexes.

Vos talents de pédagogue vous aideront à apporter sens et structure au groupe, notamment en exprimant des consignes claires et guidantes au début de chaque séquence de travail, en aidant le groupe à prendre de la hauteur à la fin de chaque séquence et en reformulant l’avancée du groupe au fil de l’atelier entre les différentes séquences.

Et ce talent se développe avec le temps et l’expérience !

Dans cet article, on vous partage quelques clés sur lesquelles porter votre attention pour développer vos talents de pédagogue en facilitation.

 

#1. AU DÉBUT D’UNE SÉQUENCE : DONNER DES CONSIGNES CLAIRES ET MOTIVANTES

 

Donner des consignes claires et motivantes au début de chaque séquence est un facteur clé dans la réussite de vos ateliers. Nous vous invitons à vous approprier les règles d’or qui suivent. Elles vous aideront à organiser l’information que vous souhaitez partager aux participants et à la formuler avec impact pour que le groupe se mette en mouvement rapidement.

RÈGLE N°1 – L’intention, l’intention l’intention

Démarrez toujours vos séquences en expliquant l’intention, le pourquoi (le fameux “Start with why” de Simon Sinek !) pour donner du sens et engager les participants. Si vous démarrez en disant “on va faire un jeu” ou “on va utiliser la méthode des Chapeaux de Bono”, vous risquez de perdre les participants qui ont besoin de savoir où ils vont avant de s’engager dans l’activité que vous leur proposez (surtout s’ils ne sont pas familiers avec les méthodes de travail collaboratives). Par ailleurs, et même si chez YA+K, la ludification fait partie de notre ADN, nous avons remarqué que certains participants ne sont pas à l’aise avec l’idée de “jouer” sur leur temps de travail (même si c’est pour produire un livrable très opérationnel et utile). Évitez donc ces mots et rassurez en mentionnant en premier l’intention de la séquence.

 

RÈGLE N°2 – Inviter plutôt que donner des ordres

  Utilisez un vocabulaire simple et positif, orienté action et invitez plutôt que ordonnez (“Nous allons vous proposer de…” plutôt que “Vous devez…” ou “Je vous invite à…” plutôt que “Je vous demande de…”).

 

RÈGLE N°3 – Une instruction à la fois

  Évitez de bombarder les participants avec trop de consignes à la fois. Séquencez vos exercices et donnez des tâches réalisables dans le temps imparti.

 

RÈGLE N°4 – Donner toutes les règles du jeu

  Pour n’oublier aucune information lorsque vous donnez la consigne, vous pouvez utiliser le triptyque Pourquoi/ Quoi/Comment :
Pourquoi : Quel est le sens de cette séquence ? Quel est l’objectif visé en lien avec l’objectif global de l’atelier ?
Quoi : En quoi consiste l’activité ? Quel est le livrable attendu ?
Comment : Avec quel matériel et/ou quel support ? Sous quelle modalité (seul ? en sous-groupes ?…)? En combien de temps ?

 

RÈGLE N°5 – Écrire la consigne

  Ce n’est pas obligatoire, mais nous vous recommandons vivement d’écrire la consigne sur un paperboard ou tout autre support visible par tous. Le fait d’écrire la consigne vous invite à être clair et les participants peuvent s’y référer à tout moment de l’activité. Si vous choisissez de ne pas l’afficher, écrivez-là au moins pour vous. Le passage à l’écrit aide souvent à vérifier que VOTRE consigne est complète, claire et concise.

 

RÈGLE N°6 – Capter l’attention de tous

  Assurez-vous d’obtenir l’attention de tous les membres du groupe avant d’énoncer votre consigne. Vous pouvez vous servir de votre voix, de sons externes (un gong tibétain, votre playlist, etc), de gestes (un geste qui, quand vous commencerez à le reproduire, devra être répété instantanément par tous les participants).

 

RÈGLE N°7 – Porter sa voix

  Une fois le silence obtenu, prenez un temps pour respirer calmement puis… faites porter votre voix en articulant et en détachant clairement vos mots. Parcourez du regard l’ensemble de la salle pour montrer que tout le monde est bien concerné par cette consigne. Et n’hésitez pas à appuyer votre parole avec des gestes.

 

RÈGLE N°8 – Entraînez-vous !

  Avant le jour J, entraînez-vous à donner les consignes à voix haute, soit tout seul, soit devant un collègue qui pourra vous faire un feedback. Cela déliera votre langue, et vous permettra d’être plus en confiance le jour J !

 

#2. À LA FIN D’UNE SÉQUENCE : FACILITER UN TEMPS DE PRISE DE HAUTEUR OU DÉBRIEFING

 
Chez YA+K, nous prenons toujours un temps à la fin d’une séquence pour aider les participants à “atterrir”, à prendre du recul sur ce qu’ils ont vécu, et éventuellement laisser de la place à de nouvelles idées ou prises de conscience d’émerger. Cela peut être au moment de la restitution, s’il y en a une.
Pour cela, voici quelques exemples de questions que nous aimons beaucoup utiliser pour aider le groupe à verbaliser ce qu’il a appris ou produit au cours de la séquence :

  • Comment c’était pour vous ? 
  • Que s’est-il passé (dans vos sous-groupes) ? 
  • Qu’avez-vous remarqué ? 
  • Comment vous êtes-vous sentis ? 
  • Qu’avez-vous appris de nouveau (sur vous/votre équipe/la problématique) et en quoi est-ce important ? 
  • Quelle a été la partie la plus utile pour vous ? 
  • A quel moment avez-vous perçu le sujet sous un angle différent de d’habitude ? 
  • Qu’est-ce-que vous avez découvert et qui est fondamentalement important pour vous ? 
  • Qu’est-ce-que cela vous donne envie de faire ? 
  • Quelles sont les actions que cela vous donne envie de poser ?
  • Y-a-t-il encore quelque chose qui a besoin d’être dit ou formulé pour parvenir à un plus haut niveau de compréhension/clarté ?

Une fois que vous avez pris ce temps de débriefing, n’oubliez pas de rappeler l’intention initiale de la séquence, de valoriser le livrable intermédiaire qui a été produit (“qu’avons-nous obtenu ?”) et de reformuler l’avancée du groupe avant de présenter la séquence suivante en faisant bien le lien avec le travail qui vient d’être réalisé (“en quoi le travail que vous venez de faire va-t-il nous servir pour la suite de l’atelier ?”).

 

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Cet article est largement inspiré de notre livre Facilitation city. Si vous apprécié cette lecture, nous vous recommandons vivement ces articles complémentaires, où nous tentons d’apporter des réponses à d’autres questions clés qui nous sont régulièrement posées :

poser les bonnes questions pour cadrer efficacement une rencontre collaborative
concevoir un atelier en partant de la page blanche
nos séquences d’inclusion (ice breakers) et de déclusion favorites

Et pour aller vraiment plus loin, nous ne pouvons que vivement vous recommander de :
Lire le livre Facilitation city, à paraître très prochainement ! Il recense notre méthodologie pour vous lancer pas à pas, et synthétise les apprentissages de nombreuses années de pratique chez YA+K !

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