On nous demande souvent d’expliquer simplement en quoi notre métier de facilitateur consiste.  On entend c’est vrai de plus en plus parler de facilitation dans les organisations, mais en quoi la facilitation consiste-t-elle réellement ? Doit-on parler de métier ou de pratique ? Quels sont ses champs d’application les plus fréquents ?  Quelles différences avec d’autres rôles d’accompagnement ? Qui peut pratiquer la facilitation ?  Quelles  sont les compétences à réunir pour pratiquer la facilitation ? 

Dans cet article, nous vous partageons notre définition de la facilitation… et en quoi les compétences du facilitateur pourraient bien être utiles à votre développement professionnel !

 

Définition de la facilitation

La facilitation peut se définir comme une pratique ayant pour but d’aider des groupes de personnes à cheminer vers un but commun, en gérant le temps, l’espace et les dynamiques de groupe. Elle vise en particulier à l’atteinte d’objectifs collectifs dans un climat efficace et agréable pour toutes et tous. 

Dans cette pratique, le facilitateur joue un rôle central : Il est  responsable du processus collaboratif. Avec une posture neutre, il emploie des méthodes, techniques et outils d’intelligence collective pour aider le groupe à cheminer de façon efficace et agréable vers son objectif. 

En d’autres mots, vous pouvez voir la facilitatrice ou le facilitateur comme celle ou celui qui cadre, structure et guide le travail du groupe pour répondre à un objectif commun. 

Quelles sont les origines de la facilitation ?

La facilitation trouve ses origines anciennes dans des pratiques de cultures traditionnelles. Dans son livre “The art of Facilitation”, Dale Hunter aborde notamment le processus de prise de décision par consensus, pratiqué dans des cercles de sages. 

Le métier de facilitateur a été théorisé en Angleterre et aux États-Unis dès les années 1940. Plusieurs institutions, dont le centre de recherches pour la dynamique de groupes au MIT, ont joué un rôle clé dans le développement de la profession. 

Alex Osborne, un publiciste américain, est souvent cité comme un pionnier dans le passage de la théorie à la pratique, dès 1941. On lui doit en effet la création du processus du brainstorming. 

Les méthodes d’intelligence collective se sont ensuite démultipliées dès les années 50. Pour n’en citer que quelques unes parmi les plus couramment utilisées : 

Si vous souhaitez approfondir ce point, Richard Chapman a rédigé un article complet sur l’histoire de la facilitation (2011).

À quels objectifs la facilitation peut-elle répondre ?  

La facilitation peut répondre à de nombreux objectifs collectifs au sein des organisations, parmi lesquels : 

  • la prise de décision, et notamment la prise de décision par consentement ou par consensus
  • la résolution de problèmes  et le passage à l’action
  • la création de solutions innovantes
  • la gestion de projets
  • la résolution des conflits, le mode de fonctionnement du groupe

La pratique de la facilitation permet en particulier de répondre efficacement à ces objectifs, en organisant les interactions et la production du groupe. 

Au niveau d’une organisation enfin, la facilitation permet de développer de nouvelles pratiques collaboratives. Pour explorer cette dimension, nous vous invitons à découvrir ce cas d’usage

Quelles sont les différences entre formateur, manager, consultant, coach et facilitateur ?

Le facilitateur, le formateur, le manager et le consultant jouent tous un rôle d’accompagnement humain au sein des organisations. Ils se distinguent néanmoins par les objectifs auxquels ils répondent : 

  • Le formateur a pour mission d’aider des personnes à développer des compétences nouvelles. Il peut agir auprès de collectifs, mais son focus est individuel. Il est reconnu pour son expertise dans les domaines où il intervient.
  • Le manager est responsable d’une équipe dans la durée et a pour mission de l’aider à atteindre des objectifs opérationnels, en prêtant une attention particulière au développement et à l’employabilité de ses membres. 
  • Le consultant a pour mission d’apporter par lui-même des réponses à un problème identifié. Il est choisi pour son expertise, et on attend de lui de livrer des préconisations en réponse à un problème donné.
  • Selon la Société Française de Coaching (SFC), le coach en entreprise  a pour mission d’accompagner des personnes ou des équipes à développer leurs potentiels et leurs compétences dans le cadre d’objectifs professionnels.  A la différence d’un facilitateur, son accompagnement ne présuppose pas la production d’un livrable par le groupe. 

Le facilitateur est lui reconnu pour son expertise des méthodes de travail collaboratif. À la différence du consultant, il est tenu à un devoir de neutralité. Il ne lui sera pas demandé de trouver lui-même les solutions au problème posé. Il ne dispose pas d’une position hiérarchique et n’a pas, à la différence d’un manager, d’obligation de résultat. Son engagement est collectif. Enfin, le facilitateur a pour mission de faire aboutir un collectif à la production de livrables répondant à une problématique clairement identifiée.

Quels sont les rôles du facilitateur ?

Le facilitateur joue plusieurs rôles d’accompagnement. 

En amont d’ateliers, il cadre le besoin, et s’assure de la pertinence de son accompagnement pour le groupe. Il imagine ensuite un processus collaboratif (concrètement, un déroulé divisé en séquences de travail, et parfois plusieurs ateliers) où il emploie des méthodes, techniques et outils qui rendent le travail collaboratif possible, agréable et efficace. A ce stade, il va par exemple choisir une méthode de résolution de problème qu’il juge pertinente pour aider le groupe à atteindre son objectif. 

Le jour de l’atelier, ses rôles sont également multiples

  • donner du sens à la rencontre pour que les personnes qui forment le collectif puissent et aient envie de pleinement s’impliquer ; 
  • jouer un rôle de pédagogue, en cadençant la production, en reformulant si nécessaire, en synthétisant les avancées du groupe ;
  • guider le travail du groupe, en posant notamment des questions ouvertes et éclairantes auxquelles le groupe trouve des réponses par lui-même ; 
  • faciliter la récolte des éléments saillants de la rencontre. 

Après la rencontre, le facilitateur a pour rôle d’aider les participants à s’approprier les livrables produits, par exemple en produisant une synthèse des éléments collectés le jour J. Lorsqu’il accompagne un groupe dans la durée, il facilite également le développement de nouveaux modes de travail au sein de l’équipe.

Qui peut utiliser la facilitation dans son quotidien ?

La pratique de la facilitation s’adresse à toutes celles et ceux qui jouent un rôle d’accompagnement de collectifs dans leur quotidien. 

Un manager pourra par exemple recourir à des pratiques de facilitation lorsqu’il souhaite déléguer des prises de décision au groupe (mode collaboratif), ou le consulter (mode participatif) dans le but de prendre une décision éclairée. 

Le formateur s’inspirera de la posture de facilitateur pour encourager des dynamiques collaboratives au cours de sessions de formation. Les techniques de facilitation lui permettront en particulier de : 

  • animer des sessions de débrief efficaces
  • faciliter la prise de hauteur par les participants 
  • favoriser l’apprentissage entre pairs

La facilitation apportera des clés pratiques à un chef de projet sous le feu de multiples responsabilités d’enfin lâcher le stylo pour se concentrer sur son cœur de métier. 

Enfin, le consultant, en faisant émerger les solutions et préconisations par celles et ceux qui les mettront en œuvre, démultiplie les chances d’adoption à la suite de son intervention.

Quelles compétences sont nécessaires à la pratique de la facilitation ?

La facilitation regroupe un ensemble de savoir-être et savoir-faire au service du groupe. Sans être exhaustif, voici quelques compétences clés mobilisées par un facilitateur : 

  • Questionnement : maîtriser l’art de la formulation de questions ouvertes et curieuses ;
  • Écoute et ouverture : accueillir le point de vue de l’autre avec bienveillance ; 
  • Pédagogie :  exprimer clairement ce qui est attendu d’un groupe, et les moyens mis en place pour parvenir à l’objectif ;
  • Prise de parole en public : le jour de la rencontre et sur le devant de la scène, transmettre des messages clairs et concis, tout en donnant envie au groupe de se mettre en action ; 
  • Esprit de synthèse : aider le groupe à prendre de la hauteur, à se concentrer sur ce qui est le plus important pour lui, et en définitive, à progresser !

Comment vous lancer dans la pratique de la facilitation ?

Vous pouvez vous lancer dans la pratique de la facilitation de différentes façons. En voici quelques unes : 

  • Au sein d’une organisation de taille importante, il est probable que certains collaborateurs exercent déjà le rôle de facilitateur. Et un facilitateur est souvent très ouvert au partage ! Allez vers eux, proposez leur d’assister à un atelier en observation, de co-animer certaines séquences. Faire est clairement le meilleur moyen  d’apprendre rapidement ! 
  • Pour les plus curieux d’entre vous, les ressources disponibles sont nombreuses. On en parle en détail dans cet article (Paragraphe #3), et si vous souhaitez creuser, toute une rubrique du site propose des ressources de facilitation gratuites. 
  • Pour vous professionnaliser, de nombreuses formations à la facilitation existent. Nous ferons une fois n’est pas coutume preuve d’un peu de chauvinisme : on a créé et éprouvé pendant 3 ans une formation à la facilitation dont on est vraiment super fier. Notamment par les retours que certains participants nous ont fait, et en quoi cela a pu changer leur parcours professionnel. Allez y jeter un coup d’œil, et si ça vous intéresse, on s’appelle pour en parler. Portez-vous bien !

Formez-vous à la facilitation

Nous avons construit un parcours d'apprentissage qui a permis à plus de 1000 participants  de développer leur posture de facilitateur ou facilitatrice, en présentiel comme à distance.  La formation rassemble des indépendants, consultants, formateurs, managers et chefs de projets qui souhaitent développer leurs talents d'animation de rencontres collectives. 

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